Amicale des Éléphants noirs
CPIMa
68, avenue Jacques Desplats
BP 60339
81108 CASTRES CEDEX
Tel : 05 63 62 55 87
Permanence à Castres : Locaux amicale 8° RPIMa le lundi et jeudi de 14h à17h
Pour Urgence : 06 20 90 06 00
 
Président André Piaskowski
Président d'honneur Claude Bouvinet
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Récit de Jacques Parisot blessé à Bédo au TCHAD

Salut André,

J’espère fortement être présent pour les 50 ans de BEDO . Si ma remise sur pied continue ainsi, il y a peut-être un espoir.. C’est un peu plus qu’une date historique dans ma vie. Le psychologue qui m’a suivi à l’hôpital m’a incité à écrire mon ressenti pour évacuer ce qu’il considère comme un traumatisme. Personnellement, c’est un devoir de mémoire, peut-être à partager avec le troupeau ? Tu peux me dire ouvertement ce que tu en penses, s’il faut apporter des modifications ou tout autre remarque… Entre nous et pour finir, mettre cette épreuve noir sur blanc soulage ? C’est ce que Erwan GERGOT m’avait dit à une époque : il écrivait pour évacuer… Merci d’avance de l’attention que tu voudras bien porter à ce courriel. Sincères amitiés. NAPO

J’ai revu St Michel notre patron. C’était le 04 Décembre 2018 . Il m’a reconnu. « Tiens, il y avait longtemps… Désolé, je n’ai toujours pas de place pour toi. Les meilleures sont prises par tes collègues arrivés récemment. Alors, tu vas reprendre la piste qu’un de vos grands a dit sans fin » Soi-disant, car pour ma part, il m’a semblé voir , au loin, un panneau à peine lisible : Terminus…

Il reprend : « Je me souviens  bien de ce 11 Octobre 1970 à BEDO. Le médecin-capitaine MARINI t’a soigné sur le sable . Un hélico vous a récupérés, toi et le C/C THOMAS pour vous ramener sur votre base arrière dans la grande palmeraie de FAYA-LARGEAU. On t’a installé dans une petite pièce assez fraîche, le Padré venait régulièrement te faire sucer une gaze humectée dans un verre d’eau hors de ta portée… » Je n’ai jamais vu quelqu’un faire la grève de la soif. A devenir fou… Tu étais là, dans un coin de la pièce. A l’opposé, la Grande Faucheuse attendait… Le jour s’est levé, vous aviez disparu. On m’a installé dans un Nord-Atlas pour descendre sur FORT-LAMY, à l’hôpital central. Le Dr BAQUE m’a opéré le lendemain. Quelques jours plus tard, j’ai la surprise de voir le Capitaine MARINI ; Il me dit : « toi, tu m’as fait peur, avec tout ce que tu as, tu devrais être mort. » Je lui ai répondu : « j’ai 25 ans, suis en pleine forme et que je m’accroche comme un morpion de carlingue !» MARINI a conclu : « Tu as raison, le moral compte à 85% dans ces grosses affaires. » Le capitaine CANAL nous avait ajoutés, THOMAS et moi, sur la liste des 11 tués , pour les médailles militaires à titre posthume… THOMAS décèdera 8 jours après lors de son transfert sur NICE .

Je me croyais tranquille sur la piste quand ce 04 Décembre 2018, ma vieille blessure du grêle éclate avec une infection généralisée. Pompiers, Urgence et c’est parti pour le bloc. C’est là que je t’ai appelé , toi, St Michel. Les chirurgiens

avouèrent à mon épouse qu’ils n’y croyaient pas, qu’il fallait s’attendre au pire. Aucun espoir. Plongé dans un coma artificiel de 3 semaines, 2 opérations, une quarantaine de cms du grêle en moins et pose d’une stomie. A mon réveil, les chirurgiens sont pantois. Mon épouse, un peu rassurée, après être restée tours les jours à mon chevet, après avoir vu le pire, finira épuisée moralement et physiquement.. Notre combat pour cette survie se calmera le 11 Avril après la fermeture de la stomie.

Depuis, nous avons repris la piste, paisiblement, avec une philosophie de la vie qui, si elle n’est pas banale, se raccroche à l’amitié pure et simple… Difficile dans cette société qui sombre dans l’égoïsme. Ainsi soit-il. Inch Allah, bientôt si…

Mais par St Michel, vive encore la Paras.

PS : mon brevet de patient est confirmé !!!   

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Cher Éléphant Noir

 Tout d’abord, je voudrais partager avec vous une lettre que m’envoie Jacques Napoléon Parisot (en fichier joint).                                          

Ensuite, je fais un appel à la solidarité pour terminer par des lectures de vacances en fichier joint.                                           

Napo, il y a quelques jours, m’a envoyé une lettre et si je vous en fais part, c’est que leurs mots expriment une douleur longtemps refoulée.

En effet, si nos morts non jamais reçus les honneurs qui leur étaient dus, les blessés, eux aussi, ont été parfaitement oubliés. Pour eux l’accueil et la vie dans les régiments de métropole ne fut pas des meilleurs, avec la solde à l’air supprimée dès le premier mois d’hôpital et pour ceux qui étaient partis pour deux ans le remboursement de la prime de séjour. Et je n’oublierai pas, ceux qui blessés trop grièvement, inapte au service. Ils ont été abandonnés par l’armée et, malheureusement sans adresse, nous n’avons pas pu les retrouver.

Certes, il n’existait pas comme aujourd’hui de « sas de décompression » ou de cellule psychologique, nous étions à la même enseigne que nos anciens d’Indo ou d’Algérie. Alors parfois il est bon de vider son sac. Mais si nous n’avons pas de cellule psychologique, nous avons notre amicale « le Troupeau » qui nous permet lors de nos retrouvailles d’évacuer le trop-plein en racontant nos campagnes au grand dam de nos femmes.

Solidarité :

François PARRA ( 1er CDO - Jakie Neau , 70 / 71 puis deuxième fin 72/73) .

François à la suite d’une longue hospitalisation et de rééducation se trouve dans une situation financière compliquée.

Il souhaiterait reprendre son ancienne activité qui lui permet de survivre. Pour cela, il recherche un véhicule utilitaire genre Berlingo, Partner, Kangoo (marque indifférente) avec un contrôle Technique (OK) et cela pour un très petit prix.

Et pour moi, pourquoi ne pas rêver, lui faire cadeau d’un véhicule qui ne vous soit plus d’utilité.

Vous pouvez prendre contact avec lui par cette adresse E-Mail :               Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Cher Éléphant Noir, je vous souhaite une bonne lecture dans la fraîcheur d’une belle journée d’été.

                                                             Avec toute mon amitié, André.

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HONNEUR AU CAPITAINE JOSEPH CANAL

 J’ai l’honneur de m’adresser à vous, en tant que président des Éléphants Noirs, qui sont ici à venir pleurer leur ancien capitaine et leur ami !
 Et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on s’incline devant le cercueil d’un frère d’armes.
 Émotion d’autant plus grande que le capitaine Joseph Canal fut mon capitaine à la CPIMa.
 Un véritable chef, un ami, fidèle, enthousiaste, dévoué, pour tous ceux qui ont connu ce grand bonheur de servir à ses côtés.   
 Cet honneur je le partage avec tous les éléphants noirs. Des Frères d’armes de la CPIMa unis par une amitié fidèle et généreuse.
 Chers amis, nous savons que :                                                                                                                                    
 Perdre un être cher, c’est comme pour un arbre perdre une partie de ses racines. Cela vous fragilise et vous rappelle l’importance de celui qui part de votre vie.         
  Nous perdons un frère d'armes, un très valeureux officier parachutiste à la carrière exemplaire.
 Fidèle en amitié, très attaché aux troupes de marine, le général Canal était une figure des parachutistes coloniaux : par son humanité vraie, empreinte de simplicité, de pudeur et de dévouement ; par la droiture de son comportement, tout en loyauté, en discrétion et en fermeté.
 Permettez-moi de citer un extrait du discours du colonel Bouvinet lors de l’intronisation du général Canal comme président d’honneur des Éléphants Noirs. Je le cite :
 Dans le second livre de son histoire, Thucydide avait dressé votre portait en parlant de Périclès :
 « Puisant par sa dignité personnelle et par sa sagesse, et reconnu plus que personne pour incapable de se laisser corrompre par des présents ; il contenait le peuple par son ascendant de son caractère et de son génie : ce n’était pas ses hommes qui le menaient, mais lui qui savait les conduire. Ne devant son autorité qu’a des moyens légitimes, il ne cherchait pas à flatter les passions populaires ; mais il savait conserver sa dignité et les contredire même parfois avec colère ».
  Mon capitaine, aucun Éléphant Noir n’a pu oublier les paroles de votre dernier rapport, celui du 30 août 1971, elles disaient « avant de quitter le plus beau commandement de capitaine de l’armée française, je voudrais à tous exprimer ma gratitude de m’avoir secondé, et ma fierté de vous avoir commandé pendant un an ».
Bien des années ont passé, mais les souvenirs des Éléphants Noirs sont fidèles : Ils vous sont toujours reconnaissants de les avoirs bien commandés et sont fiers de vous avoir obéi. Car le capitaine Joseph Canal a entraîné la CPIMa « dans une guerre sans haine … aidant les populations par tous les moyens dans les moments de répit ». Et par son bilan, il n’a récolté qu’estime et amitié.
 Il restera dans nos mémoires à tous et il restera pour tous les Éléphants Noirs « le Capitaine » cela ne fait aucun doute. Avec lui nous avons tout partagé : la ration, l’eau boueuse des puits, les angoisses des embuscades de nuit, les tourmentes du combat, la souffrance, la douleur et l’amitié.
Nous sommes ses frères d’armes. Mon général, vous avez quitté la prison d’un corps meurtri, vous voilà libéré. Vous voilà libéré du temps, votre corps a accompli son chemin sur la terre.
 Adieux donc mon Capitaine : mais je voudrais encore vous dire, attendez-nous, faites-nous une place près de Saint-Michel.  Veillez sur nous, comme nous prions pour vous.
 St-Exupéry l’a si bien dit :  Le disparu, si l’on vénère sa mémoire, est plus présent et plus puissant que le vivant.
André Piaskowski
 
 
 
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Film CPIMa

Ces prises de vues ont été filmées sur plusieurs bobines de super-8 mm par Francisco VASCO (2e C.D.O.) en 1970

Réalisation Jean-philippe Berthoumieu

Intégration youtube : PhilippeBuffon

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